Google interdit les noms bilingues répétés sur les fiches Business Profile

Google interdit désormais de répéter un nom d’établissement dans plusieurs langues sur une fiche Business Profile. Voici comment auditer et corriger vos fiches locales.

Google interdit les noms bilingues répétés sur les fiches Business Profile

Google vient d’ajouter une règle très précise à ses consignes Business Profile : répéter le même nom d’établissement dans plusieurs langues ou systèmes d’écriture n’est plus autorisé. Même si les deux versions figurent réellement sur la devanture.

Exemples désormais refusés par Google : « Kafiex / カフィエクス » ou « Burger King バーガーキング ». La fiche doit afficher une seule forme : « Kafiex » ou « Burger King ».

Cette modification paraît minuscule. Pour une entreprise implantée dans une zone multilingue, elle ne l’est pas du tout. Elle concerne les commerces qui associent français et arabe, anglais et japonais, alphabet latin et cyrillique, ou deux langues utilisant le même alphabet.

La devanture ne suffit plus comme preuve

Jusqu’ici, la règle générale était assez logique : le nom indiqué sur la fiche devait correspondre au nom utilisé dans le monde réel, notamment sur l’enseigne, le site et les documents commerciaux. Une photo de façade pouvait donc justifier un nom bilingue.

Google ajoute maintenant une exception explicite. Dans ses consignes officielles Business Profile, la répétition bilingue et la translittération sont interdites même lorsqu’elles apparaissent sur l’enseigne physique.

C’est un changement de logique. Google ne cherche plus seulement à reproduire la réalité de la marque. Il normalise le champ « nom » pour éviter les répétitions, les fiches surchargées et probablement une partie du spam local.

Mon avis est simple : la règle sera plus facile à automatiser, mais plus difficile à appliquer proprement sur le terrain. Dans une ville touristique, un nom en alphabet local suivi de sa translittération latine aide réellement le client. Google préfère désormais la cohérence de sa base de données à cette lisibilité.

Quel nom choisir sur une fiche multilingue ?

Ne choisissez pas au hasard. Retenez la version principale utilisée par l’entreprise sur le marché ciblé. Vérifiez quatre éléments :

  1. Le nom légal ou commercial dominant dans le pays.
  2. La version utilisée sur le site principal, notamment dans le title de la page d’accueil et les mentions légales.
  3. La forme la plus fréquente dans les citations locales : annuaires, presse, plateformes de réservation et réseaux sociaux.
  4. La langue réellement saisie par les clients dans Google Maps et Google Search.

Si une entreprise s’appelle « مطعم النخيل / Restaurant Al Nakheel » sur sa façade, il faut conserver une seule version dans le champ nom. La seconde peut rester visible dans la description, les photos, les publications et le contenu du site, à condition de ne pas transformer ces espaces en bourrage de mots-clés.

Attention aussi aux réseaux de points de vente. Une chaîne doit adopter une convention unique. Mélanger une version latine sur dix fiches et une version bilingue sur les quinze autres crée des incohérences d’entité. Ce n’est pas une pénalité algorithmique démontrée, mais c’est une mauvaise gouvernance locale.

Le risque concret : modification ou suspension de la fiche

Google rappelle que les informations inutiles dans le nom peuvent provoquer une suspension du Business Profile. La documentation ne donne ni taux de tolérance ni date de déploiement d’un contrôle automatique. Il ne faut donc pas inventer une urgence à 24 heures.

En revanche, attendre une suspension pour agir serait idiot. Une fiche suspendue peut perdre temporairement sa visibilité dans Maps, son Local Pack, ses appels, ses demandes d’itinéraire et ses clics vers le site. Pour un restaurant, un hôtel ou un commerce de proximité, le manque à gagner peut commencer le jour même.

L’audit est rapide : exportez la liste des établissements, repérez les séparateurs « / », « | », parenthèses ou répétitions de chaînes dans plusieurs alphabets, puis contrôlez chaque cas manuellement. Ne modifiez pas cinquante fiches à l’aveugle. Les changements massifs de nom peuvent eux-mêmes déclencher des vérifications.

Conservez avant modification des captures de la fiche, de l’enseigne et des documents de marque. Puis changez uniquement le nom problématique. Surveillez pendant au moins 7 à 14 jours les appels, itinéraires, clics et positions locales. Cette durée n’est pas un délai officiel de Google, mais une fenêtre raisonnable pour détecter un effet opérationnel.

Ce que je recommande

Pour chaque établissement multilingue :

  • garder un seul nom principal dans Business Profile ;
  • déplacer la traduction utile vers la description et les contenus locaux ;
  • harmoniser le site, les annuaires majeurs et les réseaux sociaux ;
  • documenter le choix de langue dans une procédure interne ;
  • surveiller les suggestions de modification faites par les utilisateurs.

Ce n’est pas une révolution du SEO local. C’est exactement le type de petite règle qui casse une fiche rentable parce que personne ne l’a vue passer. Un audit de dix minutes coûte moins cher qu’une procédure de rétablissement.